Il y a une valise dans l’entrée, mais ce n’est pas la bonne.
Elle devrait être plus petite, prévue pour quelques jours seulement. Elle devrait contenir quelques vêtements pour moi, et les affaires qu’on aurait préparées pour Gabriel. Elle devrait être joyeuse, pleine d’espoir et d’impatience.
Au lieu de ça, il y a un bagage préparé à la hâte, comme pour une fuite. C’est précisément ce que l’on fait, d’ailleurs : fuir pour ne pas être là le jour où… Comme si la peine était une question de géographie. On ne devait pas quitter Paris cet été. Alors on va improviser.
Les gens qui partent en vacances sont censé sourire, alors c’est ce qu’on essaye de faire. On se répète que ça va nous faire du bien, comme un mantra, en espérant qu’on finisse par y croire un peu. Mais quand je regarde cette valise, toujours je repense à l’autre, celle qu’on n’a jamais préparée.
