Elle est toujours là. Insidieuse et prévisible à la fois.
L’envie de pleurer.
Je la repère quelques instants avant qu’elle ne s’installe vraiment, mais à chaque fois je suis surprise par sa violence. Par sa résistance, aussi : quand elle est là, elle s’installe, pas moyen de la faire partir. Il ne reste qu’à attendre, longtemps, que ça passe.
Par la fenêtre du bus, le paysage était flou. Tout le trajet. Une toute petite fille, assise sur les genoux de sa mère à côté de moi, m’avait touché le bras, fait un gentil sourire. Et tout était devenu flou. Elle riait, et moi je retenais mes larmes. Puis elle s’est mise à pleurer, et j’ai du lutter pour ne pas pleurer avec elle, comme elle, à grands cris. Mais son chagrin à elle n’a pas duré.
Je vis les dents serrées, le corps tendu pour garder mes larmes. J’ai construit des digues pour ne pas qu’elles s’écoulent. Ce n’est pas la solution idéale, mais c’est tout ce que j’ai trouvé.
